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L’évangile de ce 10 mars 2011 me rappelle l’épisode du jeune homme
riche (Mt. 19, 16-30 – Mc. 10, 17-31 – Lc. 18, 18-30). En fait, les deux
sont complémentaires :
« Celui qui veut marcher à ma suite, » nous dit Jésus,
« qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me
suive ».
« Si tu veux être parfait, » dit-il au jeune homme riche, « va, vends
ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux.
Puis viens, suis-moi. »
Dans un premier temps, avant de suivre Jésus, il faut faire 2
gros efforts : Renoncer à soi-même et prendre sa croix chaque jour.
Dans un second temps, avant de le suivre, il faut vendre tout ce que nous
possédons et le donner aux pauvres.
Or, « vendre tout ce que nous possédons et le donner aux
pauvres », n’est-ce pas « renoncer à nous-mêmes » ?
Au premier abord, la plupart d’entre nous doit se dire « s’il est riche,
c’est qu’il a beaucoup d’argent ! » Mais l’argent est-il la seule richesse
d’un homme ? …
Avoir des qualités et surtout être « reconnu » pour
elles par les hommes, n’est-ce pas aussi une richesse ?!
Renoncer à soi-même, c’est donc renoncer à tout ce que nous
possédons, même intrinsèquement ! C’est le début de l’humilité…
« Le plus grand d’entre vous sera votre serviteur ! »
dit-il à ses apôtres après le lavement des pieds. « Si moi que vous appelez
Maître et Seigneur – et vous avez raison, car je le suis -, j’ai lavé les pieds
à chacun d’entre vous, d’autant plus devez-vous, vous-mêmes vous laver les pieds
les uns, les autres ! »
Car le Seigneur « comble de biens les affamés et renvoie
les riches les mains vides ! » nous dit la Très Sainte Vierge dans le
Magnificat.
Y-a-t-il un point commun à tout cela ? Ecoutons et comprenons
cette parole du prophète Isaïe, citée dans le nouveau testament, au début de la
mission de St Jean Baptiste, dans l’évangile de Luc (Lc. 3, 5-6) :
« A travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur,
aplanissez sa route. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline
seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes
déformées seront aplanies ; et tout homme verra le salut de Dieu. »
Il est question d’aplanir les routes déformées, de combler
les ravins et d’abaisser les collines. Il est question d’égalité. D’égalité
entre les hommes !
Car le point commun est bien là. C’est l’homme !
L’homme créature et chef d’œuvre de Dieu ! L’homme pour qui la faim est
plus importante que « les petits pains de l’offrande » (Lc. 6, 3-5).
« Celui qui méprise un seul de ces petits… »
Malheur à celui qui méprisera son frère parce qu’il n’a pas
de toit, parce qu’il n’est pas assez avancé socialement, parce qu’il n’a pas une
assez bonne situation, parce qu’il est étranger, parce qu’il est différent,
qu’il n’a pas la même couleur de peau, etc.
Malheur à lui, car mépriser son frère, c’est mépriser Dieu qui l’a créé.
Et, nous dit le Seigneur, « la mesure dont vous vous servez pour les autres,
servira pour vous-mêmes… »
Face aux inégalités du monde, le chrétien doit
donc faire preuve d’humilité ! Nous sommes tous liés les uns aux
autres par un lien mystérieux. Un lien d’amour voulu par Dieu. Et le combat
est, avant tout « intérieur » …
Profitons de ce temps de carême pour faire notre examen de
conscience et nous ouvrir à nos frères ! …
JMT |